Autour du globe, les violences homophobes et transphobes sont en croissance. Celles-ci sont nourries et encouragées par des politicien(ne)s et des influenceurs et influenceuses qui tiennent des propos haineux et réducteurs à l’égard des membres de la communauté LGBTQ+.
L’homophobie et la transphobie sont en hausse dans les écoles primaires et secondaires du Québec. C’est ce qu’a confirmé une étude menée par le professeur au département de science politique de l’UQAM Francis Dupuis-Déri. En janvier 2025, soit un an plus tôt, GRIS Montréal, un organisme montréalais qui œuvre pour les personnes LGBTQ+, a publié un rapport qui constate une augmentation significative des niveaux de malaise de la part d’élèves du secondaire envers les personnes issues des minorités sexuelles et de genre.
Bien que ces résultats inquiètent, ils ne surprennent pas. Ils suivent une tendance mondiale, celle de l’augmentation de la haine envers les communautés LGBTQ+. En France, les crimes et les délits transphobes et homophobes ont triplé entre 2016 et 2024. Dans l’Union européenne, on remarque aussi une nette augmentation de la violence visant les personnes queers selon l’Agence européenne des droits fondamentaux.
Au Royaume-Uni, une loi bannissant indéfiniment les bloqueurs de puberté a été adoptée en décembre 2024. Quelques mois plus tard, la Cour suprême britannique a statué que la définition légale d’une femme dépend de son sexe biologique et qu’une femme transgenre qui a légalement transitionné n’est pas considérée comme femme aux yeux de la loi.
Influence en ligne
Les violences et la législation homophobes et transphobes sont directement reliées à la montée des idéologies d’extrême droite dans la majorité des pays occidentaux. Outre les politicien(ne)s, plusieurs influenceurs et influenceuses tiennent et encouragent des discours haineux à l’égard des personnes LGBTQ+. Le problème: ce sont les jeunes adultes, les adolescent(e)s et même les enfants qui visionnent leurs contenus.
Dans un contexte politique qui permet de normaliser l’homophobie et la transphobie, les jeunes sont particulièrement à risque. Les contenus qu’ils consomment ont le pouvoir de forger leur manière de penser et d’imposer de nouvelles normes sociales. Les algorithmes sont puissants et ils peuvent participer à la création d’idéologies nocives.
Une fierté dissimulée
Être membre de la communauté LGBTQ+ est bien plus que de faire partie d’un groupe. C’est un synonyme de fierté et d’épanouissement personnel. Les personnes queers utilisent souvent les réseaux sociaux pour tisser des liens entre elles. Ces dernières sont souvent submergées de contenus et de commentaires haineux et violents. Les algorithmes homophobes et transphobes viennent brimer le sentiment d’appartenance que ces personnes, souvent marginalisées, peuvent trouver en ligne.
La technologie fait un pas, et, sur son passage, en écrase un autre: celui du progressisme. Comme le passé nous l’a démontré, aimer qui l’on veut et s’affirmer à notre façon ne sera jamais sans risques. Aujourd’hui, dans ce paysage d’homophobie et de transphobie, l’inquiétude en nous se fait sentir plus que jamais.