Les séries turques réussissent à charmer le public depuis des années. Les barrières culturelles et linguistiques n'empêchent pas les histoires passionnantes portées par la télévision turque d’attirer des milliers de spectateurs et spectatrices venant d’un peu partout dans le monde.
Profane et fidèle s’allient ici pour vous proposer un double regard sur une série turque fort particulière. C’est armé d’un repas de chakchouka, de Skittles et de sous-titres un peu boiteux que nous avons attaqué la première saison de Kus Uçusu (Les Ailes de l’ambition).
La série suit l’histoire d’Asli Tuna, une jeune femme plus qu’ambitieuse qui désire être présentatrice de nouvelles. Elle réussit à se tailler une place en tant que stagiaire dans la salle de rédaction où travaille Lale Kiran, la présentatrice actuelle, aimée de plusieurs et enviée d’autres. La vie de Lale, déjà compliquée, le devient encore plus avec Asli dans le décor.
Non-initié
Considérez-moi nouveau disciple des séries turques, mais surtout celle-là! J’avais l’impression qu’un proche particulièrement drama queen me racontait sa vie et j’étais pendu à ses lèvres. Deux renvois, deux liaisons et un accident de voiture en moins de 45 minutes. Chaque épisode est bourré d’événements invraisemblables. Il faut le donner aux séries turques : elles savent captiver leur public.
Je me suis surpris à apprécier le ton franc du scénario. S’il y a quelque chose d’important, on va le savoir, croyez-moi! Montages au ralenti, musique dramatique, plans de caméra : tout le met en valeur, pour un effet parfois hilarant.
Je ne me remettrai jamais du slo-mo où Kenan, le Don Juan du bureau fou amoureux de Lale, marche avec confiance, champagne à la main, vers la chambre d’hôtel de sa dulcinée. Lale est pourtant mariée à un autre, mais ça ne semble pas l'importuner plus que ça. Le dénouement pathétique de l’interaction qui s'ensuit est à pleurer de rire.
Mais un peu de sérieux. En tant que futur journaliste, j’ai apprécié la réflexion sur le métier qu’amène Les Ailes de l’ambition. L’arrivée des réseaux sociaux et la crise dans laquelle elle a plongé le journalisme ne sont pas passées sous silence. Les médias traditionnels perdent le monopole de l’information et une partie de la confiance de leur public. Les réseaux dictent la vitesse du travail journalistique et la désinformation abonde. Face à cela, Lale Kiran, calme et rigoureuse, se raccroche à un journalisme qui, lentement, semble s’éteindre. Surnommée « Lale l’ancienne » sur les réseaux, elle navigue tant bien que mal cette vague qui secoue sa profession.
Experte
Amatrice de séries turques (ou dizis en turc) à mes heures, la dernière fois que j’en ai visionné une remonte à l’été 2023. Depuis, j’ai eu le temps d’oublier ce qui m’avait auparavant autant accroché. Les Ailes de l’ambition m’a complètement replongé dans le monde déjanté des dizis. Le format Netflix est différent des émissions dites « traditionnelles », mais la série suit, sans aucun doute, les codes de la télévision turque.
Drame, rebondissements, des actions plus qu’extrêmes commises par des personnages comme Asli, tout y était. Je me sentais de retour dans ma chambre en 2022, mes yeux rivés à l’écran et une expression de choc permanent sur mon visage.
Même le chaos qui anime la salle de nouvelle d’Öteki Taraf tout au long de la saison n’a pas pu empêcher la romance d’exister. Une bonne série turque se doit d’avoir une histoire d’amour et celle entre Lale et Kenan m’a rappelé la romance turque que tant aiment, pour le meilleur… comme pour le pire.
Un mot pour décrire cette émission? Captivante. C’était impossible de s’ennuyer. Ou de cligner des yeux. Sinon, on passait à côté de plusieurs choses tellement il s’en passait. Malgré les autres aspects plus dramatiques de la série, en tant qu’aspirante journaliste, j’ai trouvé que les réflexions sur l’avenir du journalisme, sur la vérité et sur l’intégrité journalistique étaient pertinentes et réfléchies.
Bref, après mon visionnement, je dois avouer que j’ai eu une envie soudaine de me remettre à mes dizis… et peut-être partagerez-vous ce sentiment!